Portrait de la jeune fille en feu

Portrait de la jeune fille en feu
Réalisateur(s) : Céline Sciamma
Acteur(s) : Adèle Haenel, Luàna Bajrami, Noémie Merlant
Catégorie(s) : Drame, Historique
Version : HD - VF

Streaming :

video

Telechargement :

Uptobox Updownload HDlight 720p (VF)
Uptobox Updownload HDlight 1080p (VF)

Critique du film :

À la fin du XVIIIe siècle, sur une île retirée de la Bretagne, la peintre parisienne Marianne (Noémie Marchant) a été chargée par une comtesse veuve (Valeria Golino) de peindre le portrait de mariage de sa fille. Cela semble plus facile que cela, car Héloïse (Adèle Haenel), ancienne étudiante au couvent, se rebelle contre sa mère et ne veut pas se modeler pour protester contre le mariage arrangé. Mais le portrait est très important pour la famille, car ce n’est qu’alors que le mariage avec un inconnu de Milan sera officiellement révélé. Marianne n’a donc d’autre choix que d’observer Héloïse lors de ses promenades au bord de la mer et de les tirer ensuite de sa mémoire. Plus les deux femmes passent du temps ensemble…

Les films historiques parlent moins de leur temps de jeu que du temps dans lequel ils apparaissent. Cette correspondance se retrouve une fois de plus dans le film historique de Céline Sciamma  » Portrait d’une femme sur le feu « , qui raconte l’histoire d’une portraitiste et de son sujet à la fin du XVIIIe siècle, mais surtout une réflexion très actuelle sur le regard féminin. Les émotions ici ne sont pas aussi directes et puissantes que dans le film précédent  » Girlhood  » de Sciamma , mais l’auteur a écrit un scénario complexe et à plusieurs niveaux pour lequel elle a reçu à juste titre le prix du meilleur scénario au Festival de Cannes.

France, 1770. Par le bateau à rames de la portraitiste Marianne (Noémie Merlant ) dans un endroit isolé en Bretagne. Au nom d’une comtesse italienne veuve ( Valeria Golino ), elle doit peindre le portrait de sa fille Héloïse ( Adèle Haenel ). Cette photo est nécessaire pour officialiser le mariage planifié de Héloïse avec un inconnu à Milan. Mais Héloïse résiste à ce mariage arrangé et donc au portrait. Marianne, à qui Héloïse est présentée comme une compagne de promenade, doit donc peindre en secret à partir de sa mémoire. Mais elle regarde Héloïse de plus en plus pressante lors d’excursions communes sur la côte accidentée – et tombe inévitablement amoureuse d’elle …

On a beaucoup parlé ces dernières années de la différence entre les points de vue des hommes et des femmes, de la façon dont les hommes filment les femmes et du type de réalisateur auquel elles doivent s’opposer. Cela fait-il vraiment une différence si, comme dans  » Wonder Woman  » avec Patty Jenkins, un réalisateur filme une super-héroïne à peine vêtue? Est-ce sexiste quand, comme dans « Le bleu est une couleur chaude  » d’Abdelatif Kechich , un homme met en scène une scène de sexe lesbien explicite?
Toutes ces questions résonnent dans « Portrait d’une femme en feu » de Célines Sciamma, inscrit dans une histoire qui reflète les contraintes sociales du 18ème siècle.

D’un côté, Marianne, une femme en grande partie indépendante, qui travaille dans la succession de son père en tant que portraitiste, mais qui n’est pas totalement libre ici. Elle reçoit des commandes officielles principalement pour des portraits de femmes dont les classes supérieures avaient un besoin urgent avant l’invention de la photographie, afin de sceller des liens établis par téléphone.

À cet égard, le travail de Marianne contribue également à faire en sorte que le modèle des mariages arrangés demeure. Dans ce corset, se déplace Héloïse, qui, en tant que fille d’une comtesse, n’a que deux options: soit choisir une vie au couvent, soit épouser un homme généralement inconnu, sélectionné principalement en raison de sa position sociale. Après la mort de sa sœur – qui a succombé à un mariage arrangé par suicide – la pression et les attentes de sa mère sont maintenant sur Héloïse.

Au début, elle résiste à la peinture du portrait et ne veut pas faire de bénévolat. Les regards de Marianne sont d’autant plus vivants que l’on essaye de mémoriser les traits d’Héloïse et de les peindre de mémoire.

250 ans plus tard, beaucoup de choses ont changé, mais pas beaucoup de choses. Marianne doit peindre des nus en secret, car à cette époque, seuls les hommes étaient autorisés. En particulier, le cinéma est encore fortement influencé par une vision masculine et aime se concentrer sur les belles femmes, qui sont pour la plupart filmées par des hommes. Sciamma inverse ce point de vue, filme les femmes d’un point de vue féminin, montre des images érotiques, mais la différence par rapport à une représentation masculine de la sexualité féminine est clairement perceptible. À aucun moment, les corps n’apparaissent ici, non pas en tant qu’objets passifs, mais en tant que sujets autonomes. Néanmoins, « Portrait of a Lady On Fire » n’est en aucun cas un film idéologique, mais un documentaire sur toutes les questions sociales contemporaines, principalement un film merveilleusement filmé,

Conclusion: Céline Sciamma réussit dans « Portrait de la jeune fille en feu », une réflexion à plusieurs niveaux sur le désir féminin, l’apparence féminine et un amour impossible.